Pour ou contre la fessée?


Pour ou contre la fessée?

Entre les gifles, les claques, les bourrades, les taloches, les raclées, les humiliations…et en escaladant l’échelle de la violence du châtiment infantile, comme en Afrique avec  les coups de pieds, de bâton, de matraque…( très proches des supplices infligés aux enfants depuis l’antiquité jusqu’au Moyen-âge) les  parents ont recoure dès qu’ils le  jugent nécessaire au châtiment corporel pour « éduquer leurs enfants ». Ils estiment que l’éducation est indissociable de l’usage de la force, que « redresser », « corriger », « enseigner », « apprendre » à l’enfant savoirs-être et savoir-faire doit être accompagné par une certaine douleur physique pour être efficace. Les tenants du » bâton éducatif » sont persuadés comme Sénèque (Précepteur romain) que « Par la souffrance physique nous corrigeons les caractères dépravés ».
Si les tortures physiques sur l’enfant se sont radicalement adoucies depuis l’antiquité, il n’en demeure pas moins que le châtiment corporel reste l’une des méthodes les plus prisées au monde dans l’éducation des enfants.
Mais qu’en est-il réellement de son efficacité? Peut-on éduquer sans frapper? L’éducation sans violence: Est- ce possible? Qu’en est-il des fessées? Faut-il absolument les éviter ou font-elles partie intégrante de l’éducation? Tombe-t-elle toujours au bon moment? Sont-elle toujours justifiées?
POUR LA FESSÉE
Pour cette catégorie d’éducateurs la fessée est au même titre que les autres méthodes un outil pédagogique qu’on aurait tort de soustraire dans l’éducation: C’est le droit à la correction; Certains d’entre eux absolument convaincus que la plupart des enfants n’apprennent qu’à force de coups.
A la fin du 19 ème siècle, le docteur Schreber construit ses écrits autour d’une « Pédagogie Noire » dans laquelle ils montraient aux parents et aux éducateurs comment « dresser très rapidement les enfants pour pouvoir ensuite « les diriger d’un seul regard ». Méthodes qu’il testa bien entendu sur ses propres fils. Et bien que l’un d’eux finit par devenir fou et un autre se suicida, ses écrits rencontrèrent un grands succès et ses méthodes furent pérennisées.
Sylvia Simon, psychologue clinicienne pense qu’une fessée légère à caractère symbolique n’est pas une mauvaise chose: « Si c’est une légère tape sur le fessier, un geste symbolique, pourquoi pas. A travers cette tape, le parent veut signifier un »Non » à l’enfant et lui met des limites dans une situation particulière de résistance à des interdits déjà formulés. C’est le NON définitif… »
Le 6 Février 2015 Le Pape François avait estimé qu’un père pouvait donner la fessée à son enfant pour le punir:  » Une fois dans une réunion j’ai entendu un père déclaré: ‘Je dois parfois un peu frapper mes enfants. Mais jamais sur le visage pour ne pas les humilier ‘. Cela, c’est beau,il a le sens de la dignité. Il doit punir et le fait de manière juste », avait-il déclaré.
CONTRE LA FESSÉE
Pourquoi les châtiments corporels et la violence éducative sont-ils inefficaces, dangereux et sont à proscrire?
Premièrement, il convient d’avoir toujours à l’esprit qu’élever un enfant n’est pas le « dresser ».
– Frapper son enfant c’est toujours un constat d’échec:
A un moment donné quand le parent se sent débordé, impuissant, dépassé par une situation en rapport ou non avec l’enfant, il lui est plus facile de donner un soufflet, recourir à la force qu’aux mots qui requièrent plus de contrôle, plus d’habilité, plus de temps et de patience. En général lorsque les parents frappent leurs enfants c’est qu’ils ont perdu patience, qu’ils sont exaspérés qu’ils se sentent désarmés, qu’ils sentent qu’ils ont perdu le contrôle, ou simplement parce qu’ils se sentent mal, « à bout de nerfs ». Taper l’enfant devient donc le mode de se « soulager », de se « défouler », d’exprimer sa propre colère, ses souffrances; En un mot de manifester son impuissance et son incapacité à faire autrement. Or éduquer, c’est prendre le temps, c’est faire preuve de maîtrise de soi, c’est avoir la patience d’expliquer, de répéter, de faire comprendre pourquoi une chose est bien et une autre non. Obliger un enfant, le contraindre, le forcer par la violence à exécuter un ordre, à se soumettre à un interdit sans qu’il ne comprenne pourquoi, c’est le former à: La résistance, la rébellion à l’autorité parentale ou à l’annihilation de sa personne. L’éducation ne vise justement pas l’écrasement de la personne, son effacement, sa servitude ou la haine de l’autorité, mais plutôt l’encadrement, l’épanouissement et l’emboîtement harmonieux de l’enfant dans la société.
-Les conséquences de la fessée:
C’est un acte très humiliant qui peut entraîner une baisse de l’estime de soi chez l’enfant, une sensation d’incompréhension et la croyance que quand on est énervé on a le droit de taper. Il existe un lien évident entre la violence subie dans l’enfance et la violence pratiquée à l’âge adulte. Les enfants prennent exemple sur leur entourage, et reproduisent les schémas éducatifs qu’ils ont connus.Si l’enfant voit que l’adulte fait usage de violence quand il est en colère, il aura tendance à reproduire le même comportement si l’un de ses camarades le met en colère. Et la fessée est une forme de violence. Il vaut mieux lui apprendre à résoudre autrement un conflit, par la parole et la négociation par exemple.
Il en est de même pour son comportement vis-à-vis de son petit frère ou sa petite sœur: L’enfant doit apprendre qu’on ne doit pas user de sa supériorité physique sur un plus petit et l’adulte doit montrer l’exemple.Alice Miller dans son livre
C’est pour ton bien a très bien montré comment la triste pédagogie du fouet a pu constituer l’une des racines du nazisme. Sans compter les conséquences physiques qui peuvent aller de la plus petite égratignure jusqu’à la mort accidentelle dans le pire des cas.
QU’EN DIT LA BIBLE?
Ceux qui sont restés focalisés sur l’ancien testament marqué par la loi et le châtiment accompagnant sa transgression, militent aujourd’hui encore en faveur du bâton, de la punition dans l’éducation, s’appuyant sur des versets tels que:
La folie est liée au cœur des jeunes; le bâton de la discipline l’en éloignera. Proverbe 22:15
Qui épargne le bâton n’aime pas son fils, mais qui l’aime se hâte de le châtier . Proverbe 13:24
N’écarte pas des jeunes le châtiment; Si tu les frappes du bâton, ils n’en mourront pas. Proverbe 23:13
Seule limite à cette discipline très dure: 
Ne t’emporte pas jusqu’à le faire mourir Proverbe 19:18
Mais aujourd’hui que signifie le bâton dans la parole de Dieu?
Si dans l’ancien temps Dieu se servait du bâton physique pour éduquer son peuple, ses enfants, il a compris également l’échec de cette méthode, l’échec de la correction par la force. C’est pour cela qu’il a envoyé Son Esprit, sa Parole, seule capable d’instruire l’homme à la justice, de le changer de l’intérieur, de le rendre juste et bon, de le corriger, non dans la violence, mais l’enseignant par l’amour à aimer. En changeant son cœur de pierre, incapable d’obéir et d’aimer, en cœur de chair, disposé à obéir et à aimer. Ni par puissance ni par force, mais par l’Esprit …nous dit Zacharie 4:6. Jésus en repartant vers le Père a dit: Mais le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses(…) Jean 14:26.  Nous voyons donc que Dieu lui-même a recouru à la force, à la violence pour redresser son peuple. Cette méthode s’est soldée en parfait fracas. Les hommes étaient toujours aussi meurtriers, aussi cupides, menteurs, incestueux, adultères, faux, tournés vers le mal, et surtout rebelles à Dieu et transgresseurs de ses lois. Aujourd’hui l’éducation au fouet, la pédagogie de la fessée entraîne exactement les mêmes effets. Dieu a essayé par la punition de corriger les travers de l’homme. Il s’est produit le contraire. L’homme a haï la loi, est devenu rebelle et transgresseur, jusqu’à renié Dieu son Père pour se tourner vers les idoles. Lorsque Paul dit : Et vous pères n’irritez pas vos enfants. Élevez-les en les corrigeant, et en les instruisant selon le Seigneur. Éphésiens 6:4.  Cela consiste à instruire et corriger l’enfant par la Parole de Dieu qui est comme disait David: une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier.  Psaumes 119:105
Si donc Dieu a délaissé le bâton, ne devons-nous pas suivre son exemple?Comme lui, changeons de stratégie et optons pour la correction par l’amour, la tempérance, la douceur, la patience, la bénignité (Galates 5:22). Et surtout PRIONS ÉNORMÉMENT POUR NOS ENFANTS. Les enfants sont une cible facile pour l’ennemi à cause de leur ignorance et de l’inexpérience liée à la jeunesse. satan en outre veut les détruire car ils  sont la continuité de l’humanité et satan hait farouchement l’homme. Si nous prenons soin de nos enfants en les soignant, les nourrissant, les vêtant, les instruisant…nous avons un devoir encore plus grand: celui de prier pour eux, pour leur salut et pour leur destinée.
En définitive, oui l’éducation sans fessée est possible. Outre la pédagogie par la parole de Dieu, il existe la sagesse que Dieu a donné aux hommes, notamment aux psychologues de l’enfant et de l’adolescent et dont les conseils et les méthodes( qu’ils faut toujours bien entendu mettre à la lumière des Écritures) peuvent aider.
Nous prions que Dieu nous enseigne à être d’excellents parents et surtout des compagnons célestes pour nos enfants, les aidant chaque jour à aimer Christ et à rentrer dans son plan pour leur vie.
Sources:
-Extrait de: Enseignement du pasteur Tiki Odanvi, L’amour pour Dieu et l’amour pour son prochain, culte du 20/04/2016.
-Olivier Maurel,  » la fessée est contre éducative », Recueilli par Christine Legrand, le 04/03/2015.
-Madeleine le Saux, « l’Education dans la bible », SBEV.
-Sylvie Rochefort, Faut-il donner des fessées aux enfants?, Doctissimo.