Aimer après tout


Aimer après tout

Je sais qu’il n’est pas facile d’aimer après coups.
Que donner sans attendre en retour, paraît fou.
Qu’il est dit que l’homme pour l’homme est un loup
Qu’il faut se méfier de tous et de tout.
Je sais que se fier après trahison semble déraison.
Que tisser des toisons est plus simple que le pardon.
Qu’attendre l’amour pour espérer la guérison,
Ressemble aussi bien à une chimère qu’à une illusion.
Je sais que c’est aisé de haïr.
C’est sans effort qu’on fait souffrir.
C’est si simple de punir, d’avilir, d’assujettir.
Si facile d’amoindrir et de détruire….
Mais j’ai appris aussi, qu’aimer c’est avoir le courage…
de recommencer, de tourner la page.
J’ai appris que le bien, c’est le partage,
Qui n’attend en échange que le bonheur du sage.
J’ai appris qu’aimer c’est s’efforcer, c’est s’oublier.
C’est se priver pour donner.
C’est servir quand on peut asservir.
C’est construire quand on peut détruire.
Je veux encore croire que la bonté n’a pas cessé.
Que l’âge de la compassion n’est pas dépassé.
Croire qu’en mes semblables je peux déceler la charité,
Et qu’en me regardant ils peuvent se sentir honorés.
J’ai décidé d’aimer, c’est-à-dire:
voir les défauts d’autrui sans maudire ni m’enfuir.
Priant au contraire que par ma vie ils soient bénis.
Faisant que mes actions améliorent leur être et leur vie.
Je sais, en somme, qu’il est possible d’aimer après tout.
Mm